• La Peur. Film de Damien Odoul

    La Peur

    Gabriel, jeune conscrit, rejoint le front en 1914. Il va vivre l’enfer des tranchées, et connaitre la peur qui ravage tous les soldats. Sorti vivant de cette terrible expérience, pleine de fureur et de sang, il va découvrir sa propre humanité.

     

    Durant la Grande guerre de 14-18, tous les soldats avaient peur ! « La Peur » est le titre du film qui sort sur les écrans des cinémas ce mercredi. Il s’agit d’une adaptation du roman de Gabriel Chevallier, par le cinéaste Damien Odoul.

    Ce film, prix Jean Vigo 2015, raconte la guerre de Gabriel (Jean Dartemont dans le livre) alias Gabriel Chevallier, engagé le 2 août 1914 à 19 ans, comme soldat du 39ème RI (régiment d’infanterie) puis du 163ème RI dans l’Artois, qui découvre la peur, la sienne et celle des autres.

    La peur, elle est là dans l’euphorie, le 2 août 1914 jour de la mobilisation générale. Fidèle au livre, le film montre une scène de la foule en liesse : « il faut aller à la guerre… On n’a pas peur, on ira ! » qui lynche « un petit homme chétif » refusant de saluer la guerre au son de La Marseillaise.

    La peur c’est un mot à ne pas prononcer, ça peut mener au poteau d’exécution. C’est arrivé à 650 soldats fusillés pour l’exemple. Il est vrai que les états-majors font courir le bruit que « les bons soldats sont courageux, les mauvais soldats ont peur et sont des lâches ».

    « Foutaises » s’exclament Gabriel Chevallier, Jean Norton Cru, Maurice Genevoix, Dorgelès, Barbusse, Léon Werth (le meilleur ami de Saint-Exupéry) et bien d’autres écrivains-soldats. Pour eux « tous les soldats ont peur parce qu’ils sont avant tout des hommes et ils font preuve de courage admirable en allant au combat » - « Témoins » de Jean Norton Cru. Tous évoquent des moments de peur dans leurs romans, leurs témoignages, leurs carnets de guerre, mais seul Gabriel Chevallier en a fait le fil conducteur de son roman, publié en 1930 : « La Peur ».

    Blessé aux jambes, le soldat Dartemont (Gabriel dans le film) lâchera aux infirmières un jour de déprime : « Oui, j’ai eu peur… Cependant je suis dans la bonne moyenne ».

    La peur, les soldats ne la fuient pas, ils ne peuvent pas. Alors ils se racontent des histoires d’hommes à coup de Pinard. Ils crânent. Ils courent encore plus vite sur l’ennemi pour passer à travers les balles et les obus, ne pas voir la peur en face. « Même pas peur ! »

    Le film est remarquable de fidélité au roman témoignage de Gabriel Chevallier qui terminera la guerre, agent de liaison, le 11 novembre 1918. 4 ans ! C’est un hommage à cet auteur, plus connu pour son best-seller « Clochemerle », décédé le 5 avril 1969 à Cannes.

    « La Peur », allez la voir au cinéma ou relisez-la en Livre de Poche.

     Bande annonce

    Daniel Roucous                                                               
    Mardi, 11 Août, 2015
    Humanite.fr
    « Fatou Diome. « Je suis là pour gâcher le sommeil des puissants »Ressources inhumaines Frédéric Viguier »
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