• Mélenchon : « L'union de l'opposition de gauche va s'accélérer »

     

    Alors qu'il fait ce week-end, à Toulouse, sa rentrée politique, Jean-Luc Mélenchon, fondateur du Parti de gauche, en lice pour 2017, espère tirer bénéfice des divisions croissantes au sein du PS et des Verts.

    Pour Jean-Luc Mélenchon,« le PS tient sur un point d’équilibre gros comme une tête d’épingle ».

    Pour Jean-Luc Mélenchon,« le PS tient sur un point d’équilibre gros comme une tête d’épingle ». (LP/Philippe de Poulpiquet.)

     

    Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon ouvre le Remue-méninges, l'université d'été du Parti de gauche, à Toulouse (Haute-Garonne). Crise chez les écolos, frondeurs, Europe... L'eurodéputé, qui en juillet a annoncé son intention de se présenter en 2017, nous livre sa stratégie pour les mois à venir, des régionales.

     .. à la présidentielle.


    La « mélenchonisation » des Verts et la crise que traverse EELV constituent-elles des facteurs positifs pour le Parti de gauche ?
    JEAN-LUC MÉLENCHON. Je prends ce mot de M. Cambadélis avec le sourire. La ligne sociale- démocrate qu'il veut n'a aucun espace dans ce pays. François de Rugy, Jean-Vincent Placé sont conduits à choisir, comme tous les Verts, entre une ligne de rupture avec la politique de François Hollande ou l'invention d'un vrai projet écosocialiste pour le pays. Ils ont tranché. On ne peut pas leur faire le reproche de la clarté. Ils se sentent bien avec la politique libérale du PS et vivent très mal la constitution progressive d'une opposition de gauche unie. Les Verts ont démontré par le passé qu'ils étaient capables de trancher. Par exemple quand Dominique Voynet a fait triompher la ligne de gauche de l'alliance avec le PC et le PS il y a vingt ans, Antoine Waechter est parti. Mais aujourd'hui, c'est l'aile droite d'EELV qui ne supporte plus le grand écart politicien. Tant mieux. L'union de l'opposition de gauche va s'accélérer.

    Ou en êtes-vous de vos accords avec les Verts en vue des élections régionales ?
    On se dirige vers la moitié des 13 régions en alliances du Front de gauche, d'EELV et de mouvements citoyens. Si l'on veut une union sincère, sans qu'aucun parti ne puisse se l'attribuer, il faudra déposer un nouveau label commun dans les préfectures. Nous souhaitons des assemblées citoyennes directement impliquées dans la préparation des listes et des programmes comme l'a fait Podemos en Espagne, plutôt que d'en rester au cartel des partis. En tout cas, il n'y aura aucun membre du Parti de gauche sur une liste avec le PS.

    A La Rochelle, les frondeurs continuent à vouloir peser au sein du PS. Qu'attendez-vous d'eux encore aujourd'hui ?
    Le PS agonise, mais les frondeurs sont désespérants ! Ils devraient logiquement rejoindre la coalition de notre gauche en train de se constituer ! Jusqu'à présent, ils bavardent mais n'agissent pas. Ils donnent même au PS l'apparence d'une nouvelle jeunesse, sans frais. Aujourd'hui le PS tient sur un point d'équilibre gros comme une tête d'épingle, incarné par Cambadélis qui tente la synthèse entre frondeurs et aile droite. Tout y est politicien. Avez-vous vu la compétition entre Valls et Macron ? Elle est soigneusement organisée par François Hollande. Il a trouvé un homme qui a tous les avantages de jeunesse et de compétences financières que n'a pas M. Valls. La période de tempête économique qui commence ne permet pas ces petits jeux.

    François Hollande peut-il espérer élargir sa majorité ?
    Isolé sur la scène politique et dans l'estime des Français il reste un manœuvrier redoutable. Il y a un an, il a failli faire éclater le Front de gauche sur les municipales en offrant de somptueux présents à tous ceux qui acceptaient de figurer sur les listes PS. Cette fois-ci, il réussit à faire éclater les Verts sur la simple promesse de postes ministériels. La manœuvre, c'est tout ce qui lui reste. Je le crois d'ailleurs capable, au lendemain des régionales, de dissoudre l'Assemblée nationale et de détruire son propre parti et ses alliés juste pour se refaire une santé dans une cohabitation !

    Que pensez-vous du départ de François Rebsamen ?
    Incroyable ! Dans un pays où le chômage explose, pas de ministre du Travail ! Son départ est le signe d'un début de débandade au PS.

    Vous avez dit l'indépendance française plutôt que l'euro. Que voulez-vous dire au juste ?
    Nous ne sommes plus un pays libre ! Cet été M. Juncker (NDLR : président de la Commission européenne) a dit : « Il n'y a pas de vote démocratique contre les traités européens. » Donc, si le peuple français donnait une majorité à quelqu'un comme moi, il ne serait pas autorisé à appliquer la politique pour laquelle il a été élu ? C'est exactement ce qui est arrivé à Alexis Tsipras. Dès lors, l'indépendance, c'est l'autre nom de la démocratie.

    Cela ne se rapproche-il pas de la vision du FN ?
    C'est elle qui nous singe ! Mais notre conception de la République, de l'indépendance et du partage des richesses n'a rien à voir avec celle de Mme Le Pen. Combien de temps encore Mme Le Pen va-t-elle venir paître sur nos pâturages en nous laissant ses bouses ? Du balai !

    Propos recueillis par Martine Chevalet | 29 Août 2015

     

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