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En Angola, Hollande sacrifie à la nécessité des affaires

 En Angola, Hollande sacrifie à la nécessité des affaires

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A Luanda, où il avait atterri jeudi 2 juillet en fin d’après-midi, il fut d’ailleurs essentiellement question de diplomatie économique. La délégation française revient avec, en poche, 1 milliard d’euros de contrats — entre autres des accords entre Sonangol, la compagnie nationale angolaise chargée de l’exploitation et de la production de pétrole et de gaz naturel, et Total, ou avec le groupe Accor pour l’ouverture de 50 hôtels. Pas encore le jackpot, mais une manière de reprendre pied dans le pays, après des années de brouille pour cause d’Angolagate, et de commencer à rattraper le retard pris sur les entreprises chinoises. « Les Chinois sont partout, la France et l’Europe nulle part, expliquait jeudi François Hollande à ses conseillers. On vient pour montrer qu’on est disponible pour la suite. »

C’est le principal argument de vente développé sur place par le chef de l’Etat : « Avoir une responsabilité sociale et environnementale, faire en sorte que l’investissement soit au bénéfice de tous, de l’Angola et de l’économie française. » M. Hollande a ainsi expliqué vendredi matin, à l’occasion d’un forum économique franco-angolais, évoquant ainsi, comme un avantage concurrentiel, « une relation équilibrée, respectueuse, qui fait que nous pouvons travailler dans la durée ».

Investissement politique sur l’avenir

Dans un pays où le PIB a été multiplié par huit en dix ans, où la rente pétrolière pâtit de la baisse du prix du pétrole, mais où la construction et les services se développent, l’attention diplomatique du président Hollande vise à déverrouiller un marché difficile à pénétrer, pour cause de lourdeurs bureaucratiques et de corruption généralisée. « Nous venons dans un moment où le prix du pétrole est bas, c’est difficile pour l’Angola », avait expliqué cette semaine, en privé, le président.

Une forme d’investissement politique sur l’avenir, dont le retour est attendu de pied ferme par les chefs d’entreprise ayant fait le déplacement. « En Angola, il y a possibilité de faire quasiment tout. Ils sont demandeurs de tout. Cela pourrait être un eldorado pour les PME françaises. Mais à part le pétrole, on n’a pas réussi à pénétrer », estime Eric Ghebali, directeur du développement international de Suez Environnement et membre de la délégation.

Accueillant, fait rare, M. Hollande au palais présidentiel, « dans une atmosphère de franche cordialité », M. Dos Santos, nonobstant une erreur de la traductrice qui a évoqué « M. François Mitterrand », a salué l’« excellence des relations entre entreprises de nos deux pays, notamment dans le secteur pétrolier ». « Nous sommes intéressés par l’élargissement de notre coopération au-delà du secteur pétrolier », a assuré le président angolais, citant le bâtiment, le transport, l’énergie, le tourisme, l’agroalimentaire ou encore l’eau.

« C’était très important pour moi de rappeler l’engagement de la France dans cette conjoncture, pas la plus favorable au secteur pétrolier », a répondu François Hollande, qui n’a cependant pas publiquement évoqué la question des droits humains et politiques, soulignant simplement « l’engagement de pluralisme, d’élections qui sont prévues. La France y est attentive ». La conférence de presse initialement prévue s’est finalement transformée en simple déclaration, sans question des journalistes, donc, à la demande de la présidence angolaise. « Le président a tout dit, il a répondu aux questions d’avance », a conclu M. Dos Santos. Le périple présidentiel se poursuivait vendredi après-midi au Cameroun, dirigé par Paul Biya, 72 ans, chef de l’Etat depuis trente-cinq ans.

Lire aussi : A Cotonou, Hollande vante l’exemple démocratique béninois

David Revault d'Allonnes (Luanda - envoyé spécial)
Grand reporter au service politique. En charge de l'Elysée



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